Aller au contenu

Assurés

Le Recours Contre Tiers (RCT)

Capture d'écran 2026-10-28 091324

Une démarche utile aux assurés et à notre système de santé

Un accident provoqué par une autre personne peut entraîner des soins, une hospitalisation ou un arrêt de travail. L’Assurance Maladie prend en charge les prestations selon les règles habituelles. Le recours contre tiers (RCT) lui permet ensuite de récupérer auprès du responsable, ou le plus souvent de son assureur, les dépenses liées à cet accident.

Qui est le tiers

Il peut s’agir d’un particulier, d’une entreprise, d’une administration ou d’un établissement de santé. Le dommage peut avoir été causé volontairement ou non. Le RCT concerne des lésions physiques ou psychiques pouvant engager la responsabilité totale ou partielle d’un tiers, en France comme à l’étranger.

Un geste citoyen prévu par les textes

Déclarer une blessure causée par un tiers est une obligation pour l’assuré. Le recours de l’Assurance Maladie est prévu par le Code de la sécurité sociale, notamment les articles L. 376-1 et L. 454-1. Il évite de faire supporter à la collectivité des dépenses qui peuvent être récupérées auprès du responsable ou de son assureur.

À l’échelle nationale, l’Assurance Maladie indique dans ses communications de 2026 que le RCT permet de récupérer près d’un milliard d’euros par an. Ces sommes contribuent au financement du système de santé.

Les recouvrements de la CGSS Guyane

Sur le périmètre des dossiers protocolaires et hors protocoles, la CGSS Guyane a recouvré les montants suivants :

AnnéeMontant recouvré
20233 472 886,61 €
20241 784 900,31 €
20252 963 082,33 €

En 2025, les recouvrements ont augmenté de 1 178 182,02 € par rapport à 2024, soit +66,0 %.

Les dossiers protocolaires relèvent d’un protocole entre organismes sociaux et assureurs ; les dossiers hors protocoles sont traités en dehors de ce cadre.

 Pour l’assuré, le réflexe reste le même : déclarer l’accident à sa caisse.

Les situations et les dépenses concernées

Les situations suivantes peuvent relever du RCT, selon leurs circonstances et la responsabilité d’un tiers. Un accident ne donne donc pas automatiquement lieu à un recouvrement.

  • Circulation et transports : accident en voiture, à moto, à vélo ou en trottinette, en transports en commun, mais aussi accident ferroviaire, maritime ou aérien.
  • Vie domestique et blessures involontaires : blessure liée à un défaut de surveillance, bousculade, objet tombé d’un bâtiment, défaut d’entretien d’un lieu ou absence de signalement d’un danger.
  • Animal domestique : morsure ou chute provoquée par un animal dont le propriétaire peut être responsable.
  • Sport et loisirs : blessure pouvant engager la responsabilité d’un participant, d’un club ou d’un organisateur, notamment en cas de non-respect des règles.
  • École : blessure causée par un autre enfant, défaut de surveillance ou défaut d’entretien des locaux.
  • Soins et produits défectueux : dommage lié à une erreur ou à une négligence médicale, à une infection nosocomiale, à un appareil, une prothèse, un médicament ou un aliment défectueux ou toxique.
  • Violences : agression, coups et blessures volontaires.

La caisse chiffre les prestations prises en charge en lien avec le dommage.

Selon le dossier, le recours peut porter sur :

  • les consultations, examens, médicaments et frais d’hospitalisation ;
  • les frais d’appareillage, par exemple une prothèse ou un fauteuil roulant ;
  • les indemnités journalières versées pendant un arrêt de travail ;
  • une pension d’invalidité ou une rente d’accident du travail ;
  • des dépenses futures évaluées lorsque des séquelles importantes nécessitent une prise en charge durable.

Exemple : une assurée est heurtée à vélo par un automobiliste. La caisse rembourse ses soins selon les règles habituelles, puis étudie le recours pour les dépenses liées à cet accident. L’assurée n’a pas à récupérer elle-même les sommes versées par l’Assurance Maladie.

Déclarer un accident en pratique

La caisse doit savoir que les soins résultent d’un accident pouvant engager la responsabilité d’un tiers. L’assuré indique la date, les circonstances et les informations connues sur les personnes impliquées et leur assurance. Il transmet les pièces utiles dont il dispose ; la caisse peut demander des précisions.

Pour que le recours aboutisse, le responsable doit être identifié ou identifiable, le cas échéant après enquête. Si son identité est établie ultérieurement, l’assuré peut compléter son signalement auprès de sa caisse.

  • Compte ameli : accéder à la rubrique « Démarches » pour déclarer l’accident.
  • Téléservice : remplir la déclaration en ligne à l’adresse https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/rct, également accessible depuis ameli.fr.
  • Téléphone : appeler le 36 46, service gratuit + prix d’un appel.
  • Courrier : compléter le formulaire Cerfa 16341*01 de déclaration simplifiée d’un dommage corporel causé par un tiers, disponible sur ameli.fr, et l’adresser à sa caisse.

L’assuré signale l’origine accidentelle des soins à son médecin, à l’hôpital et aux autres professionnels consultés pour les suites de l’accident. Ils peuvent ainsi mentionner l’accident causé par un tiers et sa date lors de la facturation. Cette information aide la caisse à relier les prestations au dommage.

La déclaration ne modifie ni les conditions, ni les taux, ni les délais habituels de remboursement, même lorsque l’assuré a une part de responsabilité ou que l’auteur conteste la sienne. Le recours n’entraîne pas de coût supplémentaire pour l’assuré : c’est la caisse qui réclame les dépenses qu’elle a prises en charge.

La victime peut, selon sa situation, demander à l’assureur concerné le remboursement de frais restés à sa charge ou l’indemnisation de ses préjudices. Elle doit conserver les justificatifs utiles.

Cette indemnisation est distincte du recours de la caisse et n’est pas automatique.

Après le signalement

Le service RCT étudie le dossier, recherche les éléments de responsabilité, établit les dépenses liées à l’accident et engage le recours lorsque les conditions sont réunies. Il suit ensuite les échanges et le recouvrement auprès du responsable ou de son assureur.

Faire connaître le RCT au quotidien

Le signalement permet à la caisse d’agir

Sans information sur l’origine d’une blessure, la caisse peut rembourser des soins sans savoir qu’un recours est possible. Le signalement des assurés, des professionnels de santé et des assureurs contribue donc à la détection des dossiers.

Les établissements de santé, les juridictions et les associations de victimes peuvent également être des relais de sensibilisation.

Développer les échanges avec ces acteurs est un levier pour mieux faire connaître la démarche et favoriser les signalements.

Le rôle des collaborateurs de la CGSS Guyane

Dans le cadre de ses missions, chaque collaborateur peut repérer une situation, expliquer le RCT et orienter l’assuré vers la déclaration ou le service compétent. Il n’a pas à déterminer lui-même les responsabilités.

Une question simple peut faciliter l’échange : « Les soins dont vous parlez font-ils suite à un accident impliquant une autre personne ? » Si oui, rappeler la déclaration à la caisse et l’information des professionnels de santé.

Contact interne : boîte aux lettres du contentieux RCT — « contentieuxrct@cgss-guyane.fr »

Les messages essentiels à relayer

  • Une blessure causée par un tiers doit être déclarée à sa caisse et signalée aux professionnels de santé consultés.
  • Le RCT permet à l’Assurance Maladie de récupérer auprès du responsable ou de son assureur les prestations liées au dommage.
  • Les remboursements habituels de l’assuré sont maintenus ; la caisse se charge de son propre recours.
  • En informant et en orientant, chacun contribue à préserver les ressources de notre système de santé.